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PROJET de la Graine à l'assiette au collège de Combourg

  • 6 août
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 août

Après une rencontre d'associations diverses oeuvrant pour la transition écologique du territoire de la Bretagne Romantique au LABO CITOYEN, nous avons décidé pour un premier acte de nous unir avec l'Association Sportive Chateaubriand pour un projet de jardin potager au pied du self du collège public de Combourg en 2026.


Le but étant que, de la graine semée au collège, les élèves récoltent les fruits pour les transformer en plat délicieux pour tous les collégiens avec les cuisiniers et mon collègue cuisinier passionné Jean Noël Motay. Et ce, sans aucune chimie chimique, puisque nous tenons à préserver nos ressources naturelles et la biodiversité.


  • les élèves sèment les graines de différentes courges et s'en occupent jusqu'à la plantation prévue en juin en cours.

  • le terrain enherbé est préparé pour le mois de mai

  • les élèves s'occupent des plantations, de l'arrosage de leurs semis

  • Arrosage des plants par des bénévoles en vacances scolaires,

  • Ils feront la récolte automnale,

  • l'apportent aux cuisiniers au self, puis ils les transforment ensemble,

  • les proposent au self au menu d'un jour

  • selon la récolte, ils donnent le surplus à des associations ou les vendent au profit de l'AS.


Les liens étroits entre la santé et l'environnement interrogent parents, éducateurs, cuisiniers, jardiniers, élèves, élus... Nous sommes conscients du déficit de Nature qui touche énormément de jeunes pour diverses raisons.


Etudier hors les murs dans la Nature augmente les apprentissages et le bien être global


Le jardin, un fragment de Nature, s'avère être utile pour décloisonner les places des enseignants et élèves qui se découvrent dans un autre rapport au monde, à la Nature, aux systèmes vivants. Pour certains vivants à la campagne, elle est synonyme de saleté, de maladies ou de dangers. L'objectif des ateliers jardiniers est aussi de procéder à une "restauration psychologique" des élèves en même temps que nous leur apprenons à préserver la nature dont on prélève ou polluons tant de ressources essentielles.


C'est ce rapport entre l'homme et la Nature que l'on va rechercher, pour "se relier" avec toutes les formes de vie donc avec la planète. La santé mentale ne serait pas liée aux seuls déterminants neurobiologiques ou sociologiques comme on l'apprend : elle puiserait aussi dans des racines environnementales selon des écopsychologues.

A bien réfléchir, l'homme peut-il être en bonne santé globale dans une Nature malade ?


Ce projet parle aussi du plaisir d'apprendre des savoirs faire et savoirs être dans des lieux différents des salles de classe où l'on doit tous tenir assis des heures. Nous sommes uniques, donc des apprenants très différents pour un modèle unique éducatif.


Il nous faut susciter le plaisir, le désir et la joie de comprendre. Nous pensons ces ateliers jardiniers utiles pour acquérir concrètement et dans le meme temps des compétences en français, maths, gestion, svt, physique, technique, sport, arts.


La salle de classe est donc en plein air, ouverte aux éléments, un lieu où l'on peut se mouvoir pendant les apprentissages. Un élève turbulent / qui ne tient pas en place en classe va pouvoir mettre son énergie au service du jardin en combinant du français ou une langue étrangère, des maths, du sport, la SVT.


Le bénéfice est double pour le jeune qui aura pu bouger au jardin en contact avec la terre pendant que l'enseignant transmet des savoirs.


Mycobacterium vaccae, la bactérie du sol qui booste le moral


Les bactéries Mycobacterium vaccae sont totalement inoffensives et même sympathiques puisqu'elles sont même capables de contribuer à notre bien être. 

Pour bénéficier de l'effet de cette bactérie, c'est facile : respirer, toucher la terre par les mains et les pieds... Ces gestes vont permettre le passage de cette bactérie dans notre intestin. Or, on le sait, l'intestin est notre deuxième cerveau. La présence de cette bactérie à cet endroit est donc bénéfique pour notre humeur.

L'explication est simple : Mycobacterium vaccae va en fait activer la libération de deux neurotransmetteurs :

la sérotonine, synthétisée dans l'intestin et de la dopamine, synthétisée au sein du cerveau.

  • la dopamine affecte les émotions, notamment celles qui se rapportent au plaisir.

  • la sérotonine va réguler notre humeur mais aussi notre sommeil, et notre mémoire. 


Des effets testés et des résultats surprenants, je confirme ;)


Pour mettre en évidence les effets de cette bactérie qui nous donne le sourire, des tests ont été pratiqués sur des souris par deux neuroscientifiques : Dorothy Matthews et Susan Jenks. Le protocole est simple : certaines souris ont été mises en contact avec la bactérie Mycobacterium vaccae, tandis que d'autres non. Par la suite, on leur a fait passer des tests comportementaux. Les résultats sont étonnants : les souris mises en contact avec la bactérie sont moins nerveuses et ont traversé un parcours labyrinthique deux fois plus vite que les souris sans bactérie.

Ils ont ainsi pu démontrer que «manger, toucher et respirer un organisme du sol peut être lié au développement de notre système immunitaire et de notre système nerveux. » En bref, cette bactérie rend heureux et facilite les apprentissages.

Les neuroscientifiques incitent les élèves à passer du temps à l’extérieur pour être plus efficaces.


Une occasion de découvrir le vivant insolite et microscopique, d'ouvrir les yeux sur la vie minuscule soit-elle, au sol, en l'air, et pour autant agissante sur notre environnement immédiat et nos propres organismes. Comprendre qu'un vers de terre peut déplacer 60 fois son poids et découvrir qu'il est classé parmi les animaux les plus puissant du monde. Constater qu'en deux saisons une pelouse bien sage peut se métamorphoser en potager prolifique, avec des insectes et butineurs en nombre, donner des fruits savoureux et nutritifs, et pouvoir se nourrir. Au prix des fruits et légumes suite à LA sécheresse actuelle 2026, nous devrons revenir au jardin par besoin voire obligation.


On observe aussi que les relations dans un groupe de classe se transforment. L'enseignant occupe une autre place en milieu ouvert, fait son travail sur le terrain très différemment qu'en salle. Les élèves prennent eux aussi une autre position dans ces échanges. Les ateliers en plein air amènent des élèves en retrait, timide en classe à prendre des initiatives et à passer à l'action ; quand certains cérébraux seront moins enclins à bouger avec leur corps. Les repères spatiaux dans un jardin changent, les personnalités s'expriment différemment et les apprentissages peuvent s'intégrer de façon plus concrète. Les relations dans le groupe d'élèves avec leur enseignant peuvent évoluer : des enseignants découvrent un élève sous un autre angle, qui révèle des points forts jusque là inconnus, non révélés en salle de classe, qui peut bousculer les relations au sein du groupe de classe.


Poser régulièrement l'humain dans une interface jardinée, c'est mieux que Minecraft ; au bout du conte :

on apprend à produire de la nourriture, on cuisine et mange les fruits récoltés, on renforce ses compétences scolaires et savoirs êtres, on crée du lien autrement, on fait baisser son cortisol, on dort mieux, on mûrit.

Plus nous prenons de soin de la Terre, mieux nous nous portons.



 
 
 

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